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Perspectives
sectorielles

Chaque année, les comités sectoriels doivent remettre à Emploi-Québec les perspectives de leur secteur, sur un horizon de 5 ans. Ces perspectives sectorielles visent à anticiper l’évolution du marché du travail et les besoins de main-d’œuvre à court et à moyen terme, globalement et selon les secteurs d’activités. Elles sont révisées et diffusées à chaque année.

Perspectives du marché du travail et de l'emploi « Foresterie et exploitation forestière et Activités de soutien à la foresterie » 2020-2024

Les ressources naturelles, malgré le développement d’autres secteurs novateurs, demeurent toujours un atout important de l’économie du Québec et présentent de nombreuses possibilités de développement. Une meilleure connaissance des propriétés du bois a permis de développer des produits novateurs (bois d’ingénierie, produits plus « verts », etc.) et de plus en plus, on découvre des usages et des applications insoupçonnées à la fibre de bois, dans des domaines aussi divers que les vêtements, les cosmétiques, les pièces pour automobiles ou les produits chimiques. Par ailleurs, la nécessité de prendre en compte l’environnement dans le développement économique ouvre la porte à la bioéconomie, dont l’objectif est de valoriser les ressources naturelles. La valorisation énergétique de la biomasse forestière, des bioproduits et des produits forestiers non ligneux s’ajoute désormais aux différentes filières industrielles et produits à valeur ajoutée.

Dans le secteur de l’aménagement forestier, les travaux commerciaux (récolte de bois, voirie forestière) sont principalement influencés par la demande en produits du bois. Or, l'évolution des marchés des produits forestiers peut dépendre de plusieurs facteurs, notamment la conjoncture globale de l'économie (québécoise, canadienne et américaine), le taux de change, les prix des produits forestiers, la compétition internationale, le marché des constructions neuves, le prix des produits de substitution (fibre recyclée par exemple) et autres facteurs liés au mode de vie (nouvelles technologies, etc.). Puisque les exportations vers les États-Unis présentent une part importante des exportations totales des produits du bois, notamment pour des raisons de proximité, le marché québécois suit généralement les mêmes tendances que celui-ci et est influencé par la conjoncture américaine.

Les perspectives du marché du bois d’œuvre résineux pour les 3 prochaines années indiquent que les prix demeureront près de la moyenne enregistrée entre 2010 et 2019. Ils profiteront de l’augmentation graduelle de la demande nord-américaine et mondiale. Cependant, le déséquilibre entre l’offre et la demande de bois d’œuvre résineux maintiendra les indices de prix à des niveaux comparables ou légèrement supérieurs à la moyenne des dix dernières années (accroissement de la production aux États-Unis, économie chinoise qui maintiendra ses tarifs douaniers sur le bois d’œuvre résineux américain, marché européen qui accélère sa récolte de bois d’œuvre résineux en raison de la présence du dendroctone de l’épinette et des importantes tempêtes de vent). En ce qui a trait aux exportations de bois d’œuvre résineux, le Québec devrait maintenir sa part de la consommation américaine d’ici 2022. La consommation de bois d’œuvre résineux se relèvera au Canada et aux États-Unis dès 2020 et affichera des niveaux élevés d’ici 2022, reposant notamment sur la bonne santé du marché résidentiel nord-américain et l’accroissement des projets de rénovation de propriétés existantes. L’accroissement de la consommation pourrait se refléter graduellement sur les prix. Cependant, les tarifs douaniers entraînent une diminution de la compétitivité des producteurs de bois d’œuvre résineux du Québec par rapport au marché américain intérieur. Une réduction éventuelle des tarifs douaniers américains, dans le cadre des révisions administratives en cours, pourrait contribuer à améliorer la position concurrentielle du Québec.

Sur la scène provinciale, le projet de Stratégie nationale de production de bois du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) prévoit la récolte de 4 millions de mètres cubes de bois de plus par année d’ici 5 ans. Il faut également prévoir une augmentation de la valeur de l’offre de bois récolté d’au moins 40% d’ici 2050.

Le marché des travaux sylvicoles non commerciaux (TSNC), visant la remise en production ou l'éducation de jeunes peuplements, est principalement influencé par les budgets alloués aux TSNC, qui dépendent des intentions gouvernementales en regard à l’intensification de l’aménagement forestier. De plus, le gouvernement fédéral a déjà investi 50M$ pour remettre en production 14 000 ha de superficies mal régénérées ou peu productives, via le Fonds du leadership pour une économie à faible émission de carbone.

D’autres éléments permettent d’anticiper certaines tendances dénotant un potentiel de croissance en matière d’aménagement forestier. Mentionnons d’abord que le Forestier en chef est d’avis qu’une augmentation du rendement de la forêt publique québécoise permettrait de hausser la possibilité forestière, qui a subi une diminution de 22% entre 2000 et 2018. En outre, les actions d’intensification de l’aménagement permettraient de procurer des bénéfices d’atténuation des émissions de GES élevés et des revenus importants. La sylviculture de plantation pourrait se traduire par une augmentation de la production de plants forestiers, venant s’ajouter aux besoins engendrés par l’épidémie de tordeuse des bourgeons de l’épinette. Avec le projet de Stratégie nationale de production de bois du MFFP, d’autres investissements majeurs sont à prévoir à court terme. Finalement, la mobilisation des bois provenant des forêts privées, représentant le 1/3 de la possibilité forestière du Québec, pourrait également générer davantage de richesses et d’emplois liés à la sylviculture et à la récolte.

Compte tenu de l’ensemble de ces éléments, on peut anticiper une situation d’équilibre de l’emploi en aménagement forestier de 2020 à 2024, voire même en légère hausse. Il demeure que la rareté de main-d’œuvre qualifiée représente un obstacle majeur à l’expansion des investissements des entreprises du secteur. Les entreprises peinent à pourvoir les postes existants au sein de leur organisation, occasionnant même, dans certains cas, des fermetures temporaires.